Les oligoéléments pour les unités de méthanisation
Les oligoéléments ne doivent pas être confondus avec les enzymes : ce sont des produits différents. Les enzymes agissent sur les matières premières, tandis que les oligoéléments agissent sur les micro-organismes eux-mêmes. Également appelés micronutriments ou éléments traces, ils entrent dans leur composition et peuvent être insuffisamment présents dans les intrants. Sans eux, une unité de méthanisation fonctionne au mieux à capacité réduite et, au pire, ne fonctionne pas du tout.
Il existe différentes formulations. Les poudres, très répandues sur le marché, se déposent au fond et ne réagissent pas entièrement. Notre mélange se présente sous une forme chélatée particulière, de consistance gélifiée. Les oligoéléments sont liés à des composés organiques, restent répartis dans tout le volume du digesteur et sont plusieurs fois plus efficaces. L’enveloppe organique agit comme un emballage assimilable qui facilite leur absorption.
Voici deux cas concrets issus de notre pratique.
CAS 1 — Okny-1
Puissance électrique : 1,2 MW.
Intrants : 100 % d’ensilage de maïs.
Apport d’oligoéléments DFA 1000 : 1 litre par jour.
Début d’utilisation : 2019.
Après le démarrage, l’exploitant n’a pas réussi à atteindre 50 % de la capacité pendant trois mois. Le substrat s’acidifiait et l’augmentation de l’alimentation aggravait le phénomène : la production de biogaz diminuait au lieu d’augmenter. Le propriétaire envisageait même une action en justice, estimant que l’installation était mal conçue et ne pourrait pas atteindre les performances promises. La proposition d’utiliser des oligoéléments a été accueillie avec scepticisme. Le client avait d’ailleurs essayé lui-même des mélanges en poudre, sans résultat. Après le début de l’ajout d’oligoéléments, l’installation s’est stabilisée en quatre jours et sa puissance a commencé à augmenter. L’exploitant a atteint 100 % de la capacité en quatre semaines.
CAS 2 — Korsun
Puissance électrique : 7,5 MW.
Intrants : pulpe de betterave sucrière pressée.
Apport d’oligoéléments DFA 1000 : 6 litres par jour.
Début d’utilisation : 2019.
Le directeur de l’installation, ingénieur de procédés expérimenté et dirigeant ayant 40 ans d’expérience dans une sucrerie, doutait fortement de l’intérêt des oligoéléments. Il estimait que la société d’ingénierie proposait un placebo et que l’installation pouvait fonctionner sans additifs. Sur les trois digesteurs, le premier a démarré sans additifs et le deuxième avec des oligoéléments. Le démarrage du troisième devait être décidé en fonction des résultats des deux premiers.
Le deuxième digesteur a démarré trois semaines après le premier. Deux semaines plus tard, alors que les tentatives de montée en charge du premier duraient depuis cinq semaines sans atteindre 50 % de sa capacité, le deuxième l’avait déjà dépassé. Les doutes ont alors disparu. Depuis, le client utilise systématiquement des oligoéléments.