15 December 2022

La suracidification du digesteur

La suracidification est presque toujours due à une surcharge du digesteur. Plusieurs facteurs peuvent la déclencher :
• une alimentation excessive ;
• de fortes variations de la quantité ou de la qualité des intrants ;
• des carences en microéléments et/ou en macronutriments ;
• des variations de température ;
• la présence de substances toxiques.

Une surcharge n’est généralement pas directement liée à la charge organique prévue. Elle peut apparaître même lorsque cette charge est respectée : les micro-organismes méthanogènes ne se développent alors pas assez rapidement pour transformer les intrants en biogaz.

En exploitation quotidienne, des indicateurs simples permettent de repérer rapidement la suracidification :
• la teneur en méthane du biogaz ;
• le rapport FOS/TAC ;
• la concentration en acides organiques.

Une baisse de la teneur en méthane de 1 à 2 % en quelques jours, sans changement de substrat, indique l’apparition de difficultés biologiques dans le digesteur.

Si cette baisse est constatée, il faut également mesurer le rapport FOS/TAC. Si celui-ci augmente sensiblement, un échantillon doit être analysé en laboratoire pour déterminer la concentration en acides organiques.

Si la concentration en acide propionique est elle aussi très élevée, supérieure à 3 000 mg/l, ou dépasse même celle de l’acide acétique, l’alimentation doit être fortement réduite jusqu’à la dégradation des acides. Cette phase peut durer jusqu’à deux mois.

Un exploitant expérimenté peut déterminer les mesures nécessaires à partir du profil des acides. Au début d’une suracidification, une légère réduction de l’alimentation suffit généralement jusqu’à la stabilisation de la biologie du digesteur. L’alimentation peut ensuite être augmentée progressivement jusqu’au niveau initial.